Green Cross

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 La musique une évidence

— Noémie Baudin pour Yep! Land © 10 Novembre 2016 —

Petit retour en arrière : nous sommes le 9 Avril 2016, il commence à faire beau, c’est une fin d’après-midi agréable à Toulouse. J’ai rendez-vous pour une entrevue avec Green Cross. Ce soir a lieu la 20ème édition des Toulouse Dub Club au Bikini et c’est donc ici, dans cette salle emblématique de la ville rose, que je retrouve le chanteur.

Green Cross et la musique, c’est une rencontre qui s’est faite naturellement, comme une évidence : « C’est venu complétement naturellement, j’ai toujours tapé partout quand j’étais gamin, je prenais deux baguettes, je mettais un fauteuil devant moi et je faisais de la batterie dessus. Enfin voilà j’ai toujours été comme ça, j’ai toujours eu le rythme. » Il faut dire aussi que le chanteur a été à bonne école puisque son père écoutait énormément de musique, du blues principalement. À 7 ans, Green Cross se met à la guitare, jusqu’à ses 14/15 ans il joue énormément de blues, puis c’est à 15 ans qu’il rejoint un groupe de reggae/dub. L’envie de prendre le micro, elle, est née de sa rencontre avec le désormais bien connu Biga* Ranx. « Biga était tout jeune à l’époque et il commençait à écrire ses lyrics et donc voilà on se faisait des sessions tous les deux, on se passait le micro, on imitait un peu les U Roy, I Roy… ». Pour ce qui est de Green Cross, le déclic s’est fait il y a environ 4 ans, quand le chanteur a commencé à écrire ses propres textes.

Il y a une question que j’aime bien poser en interview : Comment tu te vois dans quelques années ? En fait, plus que la réponse, c’est le moment d’hésitation qui vient avant qui m’intéresse. Il paraît simple de répondre à cette question, l’objectif de tout artiste étant d’être connu, du moins encore plus connu qu’il ne l’est déjà. Or, jusqu’à présent, tous les artistes que j’ai interviewés ont eu cet instant (plus ou moins long) d’hésitation, comme s’ils prenaient le temps d’apprécier ce qu’ils ont déjà et le chemin parcouru jusqu’ici. Alors, quand je lui demande comment il se verrait dans quelques années, Green Cross ne fait pas exception : il sourit, hésite, me lâche un « Bonne question ! », hésite encore puis me donne sa réponse.

« J’espère que je vais évoluer dans ma musique. J’ai l’impression que j’évolue en plus et les gens autours de moi aussi. Après j’espère que j’aurais fais 2/3 albums de plus qui auront peut être suscités un peu de bruit, que j’aurais fait de belles dates, de belles rencontres et que je continuerais à faire du son. Je ne vois pas vraiment de limite d’âge ou de frontière en fait moi je fais ça, je fais ce que j’aime et je ferais ça tant que j’aime faire ça. Après, plus ça marche mieux c’est évidemment. »

Une autre source d’intérêt pour moi, en tant que fan de concerts, c’est la manière dont les artistes appréhendent le fait de faire de la scène et ce que cela représente pour eux. Comme il a fait des concerts avec Biga* Ranx pendant environ 5 ans, Green Cross a eu l’occasion de se produire sur de nombreuses scènes d’envergures différentes. Une expérience très formatrice puisqu’elle confronte à toutes sortes de situations, d’ambiances et de publics différents. « Des fois tu te retrouves dans des bars ou y a pas grand monde, la soirée elle peut flopper, il peut y avoir des problèmes d’organisation. Je pense que quand tu fais partie de l’underground de toute façon, tout le monde est passé un peu par là. Donc des fois y a les soirées qui vont foirer et puis y a celles qui se passent hyper bien. »

« Je pense que toutes les scènes que j’ai pu faire ont forgés une espèce d’habitude et je n’ai pas d’appréhension quand j’arrive sur une scène, qu’elle soit grosse, moyenne, petite, je me dis : vas-y. »

Pour terminer, je dirais, peut-être un petit peu naïvement, que je suis assez fascinée par la capacité qu’ont certains artistes à s’adapter aux autres en live. Adaptation dont doit faire preuve Green Cross puisqu’il est très souvent sur scène avec des selectas différents. « Ça m’arrive par exemple de faire un live avec Ackboo et de finir par faire trois/quatre morceaux avec un autre mec pendant son set parce que c’est l’ambiance, c’est comme ça, le micro il tourne, c’est cool. On m’a même appelé pour faire un remplacement une fois, j’ai joué avec Jahtari à Poitiers, on m’a appelé à 18h et on est venu me chercher 15 minutes après pour jouer à 0H30. » Bon mais du coup, c’est comme tout, et ça s’apprend. Green Cross lui, a apprit aux côtés de son ami Biga, collectionneur de 45 tours avec qui il « kickait des faces B » : « On avait des versions qu’on mettait et tout le monde passait sur les versions, c’était comme ça, à la jamaicaine en fait ; et c’est une école qui forge à s’adapter à toutes sortes de riddims. Dans le reggae il y a différents beat, des tempos plus lents, d’autres plus rapides, on essai d’avoir des lyrics qui s’adaptent à un peu tout. Et puis on écoute et on fait du freestyle, de l’impro quoi. »

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 The Yep! Interview

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