Magen, la puissance des mots

— Noémie Baudin, Le 20 Janvier 2015 —

“Une chose m'a marqué… Un jour je suis allé chanter avec un rappeur, pour un titre avec Pierpoljak. Et quand j'ai posé, le rappeur m'a dit : j'aime bien ce que t'as fait, bon flow tout ça… par contre… le lyrics est trop angélique, tu peux le changer stp ? 
Il est difficile de trouver son chemin, on m'a souvent reproché d'avoir une écriture pas assez "rentre dedans”. Aujourd'hui j'assume car ma musique représente ce que je suis. Pas un ange, mais quelqu'un qui aspire à être droit. La route est encore longue :)“

Ce sont ses mots qui font la force de Magen : "Je n'aime pas la musique qui fait danser, je préfère celle qui fait réfléchir”. Pas question de chanter pour ne rien dire donc.

Il existe une catégorie “d'artistes”, vous savez ceux qui ont un certain talent (ou pas d'ailleurs) mais qui, en tout cas, ont la technique pour se faire un bon petit paquet d'argent avec leur musique pendant un an et puis, qui, aussi brusquement qu'ils sont apparus, disparaissent couler des jours heureux on se sait où.
Et puis il y a les autres, ceux pour qui la musique représente beaucoup plus qu'un joli pactole. Pour qui elle est un moyen d'expression, de libération et de partage.
Bien sûr, vous vous doutez déjà de la catégorie dans laquelle se situe Magen. Ce passionné des mots fait de la musique depuis 10 ans déjà mais ce n'est que récemment qu'il décide de se lancer et de partager (pour notre plus grande joie) ses morceaux.

Yep Land vous propose donc une interview afin que Magen vous raconte lui-même, avec ses mots, qui il est.

• Racontes-moi ta rencontre avec la musique et ce qui a fait qu'un jour tu as décidé de t’y investir pleinement :

A vrai dire, j'ai commencé la musique par l'écriture si je puis dire. J'ai toujours écrit des poèmes, à l'eau de rose souvent (…rire!). J'étais un enfant un peu “en marge”, trop sensible, donc j’écrivais. À l'âge de 7 ans, mes parents m'ont inscrit au piano, ça a été mon premier “vrai pas” vers la musique. J'ai ensuite découvert Bob Marley, il a été important pour moi pendant une période de ma vie. J'aimais sa sensibilité, son charisme, sa puissance, son combat contre les inégalités et l'injustice.
C'est un peu “bateau” de dire ça mais ce qui m'importe dans la musique, dans ma musique en tout cas, c'est de véhiculer un vrai message. Je n'aime pas la musique qui fait danser, je préfère celle qui fait réfléchir. 
J'ai pris pas mal de temps à me “lancer”, ça fait 10 ans que j'écris, que je chante, que j'enregistre et ça fait seulement un an que je commence à partager. Je n'étais pas assez sûr de moi, pas assez mûr simplement.

• Pourquoi as-tu fais le choix de chanter en français ?

Je viens de Martinique, donc j'aurais pu chanter en créole, j'ai chanté en créole, ça m'arrivera encore mais je suis amoureux de la langue française. Comme dit plus haut, avant de chanter j'écrivais. Je suis un grand fan de Rimbaud. J'aime les mots qui planent. J'aime le français, ses sonorités. Quand j'écoute Renaud, ou Piaf, je voyage…
Ma mère est une femme qui parle avec son coeur et avec foi, on lui a parfois reproché et ça m'a marqué. Mon père aime les choses bien faites, bien écrites, allergique aux fautes de français. Je suis un peu une synthèse de tout ça, j'essaie en tout cas :)

• Comment vois-tu ton futur en tant que chanteur ?

J'ai pris du temps à me lancer, je ne compte pas m'arrêter. Chanter, ça n'est pas accessoire pour moi, ça fait partie de ma vie, de mon équilibre.

Je ne cherche pas vraiment à faire carrière, ma musique existe autant que j'existe, on est indissociable. Je verrai bien où ça me mènera.

• Quels sont tes morceaux du moment ?

Pour être honnête je n'écoute pas beaucoup de musique. Je dirai “Maman” de Pierpoljak, putain de vibe ce morceau ! Sinon, Renaud et Blacko. 

• Fais-tu de la scène ? 

Ça m'est arrivé de chanter sur scène, j'espère que ça arrivera encore. C'est là que je peux me révéler, que je peux enfin être où j'estime devoir être : à ma place. Mais avant ça, il faut avoir un public, il faut avoir des choses à dire. Je n'ai plus envie de chanter 1 ou 2 morceaux comme ça, à l'arrache. J'ai envie de bien faire les choses. 

Être sur scène, c'est comme retrouver une liberté perdue. Comme si on ouvrait la cage au lion, ou à l'oiseau.

• Si tu n'avais pas fait de musique, vers quoi te serais-tu tourné ? 

Je suis diplômé d'une école de commerce… Je n'ai jamais voulu “travailler” pour un patron. J'ai eu des expériences en maison de disques (donc toujours dans la musique) et au final, je suis revenu à mes premières amours. 


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