Sense (1ère partie)

— Noémie Baudin, Le 12 Mai 2015 —

Des paroles, des vraies, en rap français. Depuis quelques temps, c'est ce qui me manquait, un flow intéressant, des mots qui font sens. Puis je suis tombée sur un morceau : “Je me suis perdu”. Ayant trouvé en ce titre tout ce qui me touche dans le rap français, j'ai voulu en savoir plus sur son auteur/interprète. C'est ainsi que j'ai rencontré Sense, rappeur toulousain.

Et comme il est très bavard, l'interview sera en trois parties, pour trois fois plus de plaisir !

• Racontes-moi ta rencontre avec la musique et ce qui t'a donné envie de t'investir ?

Je crois que cela s'est fait un peu par hasard, j'ai toujours été bercé dans la musique. Mes parents ne sont pas des musiciens mais ont toujours écouté beaucoup de musique à la maison et de tous les styles. Je ne les remercierais jamais assez pour ça, parce que je trouve que c'est très important d'avoir des goûts éclectiques. Je ne suis pas du tout arrivé par le Rap ou quoi que ce soit, je suis l'ainé donc il n'y a pas eu de grand frère pour “m'initier”, et, en habitant plutôt en périphérie Toulousaine, on était pas du tout bercés là-dedans.

En fait, au début, j'écoutais du Rap sans trop savoir que c'en était, je ne cataloguais pas ça en style de musique. Après, c'est au collège, il me semble, que j'ai rencontré mon premier pote qui lui en écoutait, en écrivait un peu. Il avait monté des petits groupes déjà depuis quelques années. Et voilà, ça s'est fait du jour au lendemain, à force de parler, d'en écouter beaucoup.

Après, moi c'est la culture dans son ensemble qui m'a attirée, pas seulement le Rap. J'ai découvert la culture, l'état d'esprit, les valeurs qu'il y avait autour de ça. J'ai commencé à remonter un peu l'historique, à voir comment c'est né, écouter un peu les pionniers et tout ça. Et c'est cette culture là qui m'a parlée. Peut-être que j'avais des choses à raconter aussi donc voilà, ça a commencé timidement, écrire un couplet, puis un texte.

Quand on a démarré, on écoutait des groupes comme IAM, NTM ou Assassin, et encore on écoutait plus de Rap américain que français à l'époque, des groupes qui inspirent et qui du coup nous font dire : “pourquoi pas, je vais essayer”. Et puis moi, j'avais fais de la musique tout à fait classique, du clavier et tout ça pendant ¾ ans, donc j'avais quelques bases de musique. Je me suis mis à écrire un morceau, puis deux, au début c'était pour m'amuser le weekend dans ma chambre.

Et puis ensuite, je pense que le gros déclic c'est quand on commence à faire la première scène, parce que nous on est pas de la génération “studio” mais plutôt de la génération du live. Quand on commence à aller sur scène, et dieu sait que c'était une scène minable où il y avait personne, on finit par chopper le virus.


• Que représente la scène pour toi ?

C'est dur parce qu'on ne peut pas tricher mais en même temps, c'est bien parce qu'on ne peut pas tricher.

Les textes il faut pouvoir les défendre aussi, il faut les assumer jusqu'au bout. Nous à la base, on était parti comme beaucoup de jeunes, en se disant : “Ouais on va faire des trucs hardcore et tout”. Au final c'était des insultes pour des insultes et puis on a vite vu que ça nous ressemblait pas, qu'on aurait du mal à les assumer aussi sur scène.
Parce que je me serais mal vu chanter quelque chose et puis avoir mes potes et mes parents qui se disent : “C'est qui sur scène ? C'est pas le même”, c'est pas trop mon truc. Donc du coup, on a vite changé notre fusil d'épaule, réécrit des textes et puis on s'est dit qu'on avait envie de faire passer certains messages et on est parti là dessus.

Mais c'est vrai que la scène c'est particulier et moi, j'ai tourné pendant plus de 15 ans avec un groupe qui s'appelait REP, sur la fin on était 6, donc toujours mon acolyte avec qui on a fondé le groupe, 2 rappeurs, 1 chanteur, 2 Djs et un violoniste. Préparer une scène c'est différent et puis la rencontre avec les gens on peut pas tricher, c'est naturel. C'est vrai que c'est ce qui manque le plus au final quand on arrête.

Et après, quand j'ai bifurqué en solo, j'ai passé pas mal de temps à bosser sur des morceaux à moi, mais j'avais vraiment envie de remonter vite sur scène parce que c'est ce qui me manquait le plus.


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