Sense (2ème partie)

— Noémie Baudin, Le 26 Mai 2015 —

Vous avez aimé Sense, le rappeur Toulousain ? Après la première partie de son interview : http://yep.land/sense-1. Découvrez aujourd'hui l'un de ses derniers morceaux et plus d'informations sur le Dj indissociable de Sense : Dj Nono.

• Parles-moi de ta coopération avec Dj Nono

En fait Nono c'est un Dj qui faisait partie de mon groupe REP, donc comme je te disais, j'ai monté le groupe avec le deuxième rappeur Leegy, au début on était deux puis on a vite cherché un Dj, on a rencontré Nono, ça devait être entre 2000 et 2004 je pense. On a grandi ensemble, on a appris un peu, on a commencé à faire nos premières scènes, des personnes sont entrées/sorties du groupe mais Nono est resté. Au début il faisait plutôt du live, tout ce qui était platines etc et puis il s'est mis à faire de la compo.

Quand on a voulu travailler sur l'album qui est sorti en 2009, il s'était déjà mis depuis quelques temps à faire du beatmaking, c'est donc lui qui a composé les ¾ de l'album.

C'est un peu comme si on avait tous ces textes depuis des années qui avaient finis par trouver leur musique à ce moment là.

Donc on a bossé sur l'album, on l'a sorti ensemble. Quand le groupe s'est arrêté alors que moi j'avais encore envie de continuer, d'aller plus loin, et que j'étais resté un peu sur ma faim, il m'a dit : “Moi je te suis”. Lui aussi était toujours passionné alors on s'est mis à bosser ensemble sur les morceaux que j'avais déjà.

Maintenant on est indissociables parce que même quand c'est pas lui qui compose la musique, parce que je travaille avec d'autres producteurs et d'autres personnes, il a toujours sa “patte” quelque part : on fait l'enregistrement chez lui, il fait le mixage ou il va y mettre un scratch… D'où le nom “Sense et Dj Nono”.


Je dis souvent que c'est mon bras droit, mais c'est mon bras gauche et mes deux jambes aussi.

Et puis on se connait tellement maintenant qu'on gagne un temps fou, il sait ce qui me plait, ça va vite. C'est une chance parce que quand on doit tout faire tout seul, c'est compliqué et c'est compliqué aussi quand on est trop nombreux donc là, c'est un bon compromis et ça marche bien.

• Comment te vois-tu dans quelques années ?

Un peu comme maintenant, mais, si je suis honnête, et je pense que c'est le cas de tous les gens qui font ça, derrière un coin de notre tête, on a un rêve quand même. Donc dès qu'on le prend un peu au sérieux, on a tous quelque part une envie de reconnaissance et en tout cas, si on le fait pour le message, au moins que le message passe et qu'on parle au plus grand nombre.

L'idée c'est aussi d'être diffusé un minimum mais, je me suis rendu compte avec l'âge, que personne ne pouvait m'empêcher de faire de la musique. C'est aussi une chance de ne pas être signé, de ne pas être dépendant de major, de boite de production. C'est une liberté totale sur le côté artistique c'est à dire sur la création, je fais ce que je veux quand je veux, j'ai pas de délais. Je sors des morceaux quand je veux, si je veux en sortir 15 d'un coup, j'en sors 15 d'un coup parce que personne ne m'attend finalement, à part mes proches.

C'est une liberté parce que je trouve qu'on est dans une société où tout va vite et où il faut tout faire vite, c'est la génération de maintenant, c'est tout immédiatement.

Nous on a quand même eu un développement, on a apprit sur scène, on a essuyé les plâtres, on est allés sur des scènes à pétaouchnoc où il y avait 3 pélos et ça c'est vachement enrichissant. Et c'est ce qui manque un peu maintenant, je vois les gamins qui commencent à rapper, ils progressent sûrement beaucoup plus vite que nous, ils ont tout de suite les bons réflexes mais il leur manque peut être cet apprentissage qu'on a eu nous, et des fois ils vont au casse pipe un peu vite.


Et aussi, on m'avait dit : “Tu verras quand t'auras un gosse, quand tu seras casé…” Mais jusqu'à maintenant, ça reste une priorité pour moi la musique, j'ai besoin de cet espace de liberté, ma famille et ma femme m'ont connu avec la musique donc j'ai cet espace à moi. J'ai mon fils maintenant et ça m'empêche pas de m'aménager du temps pour continuer à en faire parce que j'en ai besoin. Et à un moment donné j'ai même fait le tri parce que ne pouvant pas tout faire, il a fallu mettre des choses de côté. Mais j'ai préféré mettre de côté d'autres choses que la musique. Donc je pense que quand on veut, on peut toujours trouver du temps pour faire ce qu'on aime. Ça c'est un peu un message à tous les gens de ma génération, parce que j'en croise beaucoup qui me disent : “Ouais on a arrêté, tu sais machin, la maison les trucs” moi je pense qu'on peut toujours, si c'est vraiment une passion.

Donc quoi qu'il arrive, que je sois connu ou pas, que mes morceaux sortent ou pas, je pense que, dans quelques années, je continuerais toujours à écrire quelque part sur un coin de feuille, peut être à enregistrer ou peut être pas. Mais je vie Hip Hop depuis tant d'années et c'est ce qui me parle depuis toujours. Après, même si dans ma musique j'aime bien aller explorer d'autres trucs et tout ça, ça restera quand même Hip Hop parce que pour moi, au delà du style musical, c'est un état d'esprit.


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