Sense (3ème partie)

— Noémie Baudin, Le 17 Juin 2015 —

Voici la dernière partie de la riche interview de Sense (Partie 1 - Partie 2). Pour terminer en beauté, l'artiste nous donne ici son appréciation du milieu musical toulousain et raconte à Yep Land quelques anecdotes !

• Peux-tu me parler du milieu musical toulousain ?

Alors, en tout cas, ce que je peux connaître c'est au niveau du Rap, il a toujours été actif, c'est-à-dire qu'il y a quand même un gros vivier à Toulouse, même s'il y a eu des phases. Nous en 1995/96, il y avait beaucoup de groupes ; après il y a eu une grosse phase de vide, les gens étaient frileux pour organiser des concerts parce qu'il y avait des problèmes donc moins de groupes ; et puis après, avec l'arrivée de Skyrock et tout ça, à nouveau, on trouvait des groupes partout.

Si je peux faire un reproche, mais ça, c'est peut être en règle générale, et pas forcément lié à Toulouse, c'est peut être dans la variété. C'est à dire que je me rappelle quand on tournait beaucoup dans la région, il y avait quand même 10/15 groupes de Rap Toulousain et aucun ne faisait la même chose, c'était très différent, contrairement à des villes comme Paris ou Marseille où les Raps étaient tous pareils. À Toulouse, il y avait une grosse diversité et là, ça s'est un petit peu perdu mais c'est parce qu'il y a un formatage, des modes qui passent.


Sinon, je trouve que Toulouse est une ville de musique et puis c'est aussi une ville qui a un fort héritage au niveau du texte, et ça, peu importe le style de musique.

On a quand même une culture du texte ici, que ce soit pour des poésies, des livres, etc. Il y a donc des gens qui sont attentifs aux textes.
Après, le public toulousain en concert, c'est pas le plus facile, loin de là, beaucoup de personnes le diront. Alors est-ce que c'est parce qu'il est exigeant ou que ce n'est pas un public extraverti, j'en sais rien, mais en tout c'est pas évident. Par contre, la scène musicale est vivante, le problème c'est peut être qu'on est pas bons dans la suite en fait, dans la valorisation.
Il y a quelques groupes qui sortent, mais dans le Rap très peu quand même, peu ou pas, donc on est peut être pas bons là dessus. Après, dans d'autres styles musicaux, ils s'en sortent peut être un peu mieux, dans l'électro il y a quand même des jeunes qui cartonnent.

Il y a des franges dans le Rap toulousain, à l'heure actuelle, une frange qui marche bien, c'est le Rap un peu Dark : BastardProd, Furax, BimBam… qui ont un gros impact sur le Rap underground. Dans d'autres styles musicaux, on trouve par exemple les Cats on Trees, des Beatmakers aussi, des gens qui font du live et de la MPC ou des trucs comme ça.

Et puis je me souviens de compiles, que j'ai encore à la maison qui réunissaient tous les styles musicaux : Toulouse en scène. C'était un double CD où il y avait tous les styles musicaux réunis mais qu'avec les groupes du moment et ça bougeait quoi ! Il y a quand même des groupes qui ont marqué… sans parler de Zebda.


• Est-ce que tu aurais une anecdote sympa qui t'es arrivé dans ta carrière de musicien ?

Des centaines. Mais si je dois en retenir une peut être, là aujourd'hui, c'est le rêve de gosse, c'est-à-dire que quand on a démarré, on allait voir les “grands” à l'ancien Bikini, on allait voir le “Rap Échange” c'était le seul tremplin qu'il y avait à l'époque. J'avais toujours dis, je veux jouer au Bikini et quand on a sorti l'album, j'ai organisé un weekend au Bikini avec un débat sur le Hip Hop : “Le Hip Hop contre les discriminations”. Kery James était présent notamment. Et puis il y avait toute la scène locale en première partie et le lendemain c'était gratuit. Les 5 disciplines Hip Hop étaient représentées : il y avait du graff, du Beat Box, des Djs, etc. Donc si je dois retenir une anecdote, ce serait ce concert au Bikini. C'était pour la sortie de notre album et un Bikini à guichet fermé, jouer juste avant Kery James et les autres, ouais, c'est peut être un des meilleurs concerts qu'on ait fait.

Pour moi c'est pour ça que la scène c'est incomparable, ça permet de faire de super belles rencontres.

En parlant de scène, retrouvez Sense & Dj Nono en concert ce vendredi à Fontenilles et dimanche à Carbonne (plus d'informations sur leur compte Facebook)


Si ce que vous venez de lire vous a plu, n'hésitez pas à cliquer sur les liens juste en dessous et à aller soutenir Sense & Dj Nono.

Website

Facebook

Youtube

 
2
Kudos
 
2
Kudos

Now read this

Denfima, l’anti Héros du rap Toulousain

— Mélanie Druelle, Le 11 Novembre 2014 — « Je pense que je n'aurai pas vécu autant de choses si je n'avais pas fait de la musique. Ça m'a forcé à m'ouvrir sur des domaines que je ne connaissais pas, ça m'a donné envie d'être créatif... Continue →